Palmarès romans canadiens

(2010 – 2020) source: ⎯ Radio-Canada

 

1- Il pleuvait des oiseaux

de Jocelyne Saucier (XYZ, 2011)

Il pleuvait des oiseaux
 EXTRAIT
« Il y avait un pacte de mort entre mes p’tits vieux. Je ne dis pas suicide, ils n’aimaient pas le mot. Trop lourd, trop pathétique pour une chose qui, en fin de compte, ne les impressionnait pas tellement. Ce qui leur importait, c’était d’être libres, autant dans la vie qu’à la mort, et ils avaient conclu une entente. Encore là, pas de serment sur le coeur, rien de pathétique, simplement la parole donnée de l’un à l’autre que rien ne serait fait pour empêcher ce qui devait être fait si l’un devenait malade au point de ne plus pouvoir marcher, s’il devenait un poids pour lui-même et les autres. L’entente ne valait pas pour une frac­ture à une main ou un bras, un manchot peut encore se débrouiller, mais les jambes, il n’y a pas plus important en forêt. La locomotion, comme disait Tom en insistant sur les  » o  » comme s’ils devaient marcher en les prononçant. L’entente disait aussi que, s’il le fallait, ils aideraient. Ils ne laisseraient pas l’autre se dissoudre dans la souffrance et l’indignité en regardant le ciel »

2- La femme qui fuit

d’Anaïs Barbeau-Lavalette (Marchand de feuilles, 2015)

La femme qui fuit

 
EXTRAIT
« Comment as-tu pu te passer [ de ma mère ] ?
Comment as-tu fait pour ne pas mourir à l’idée de rater ses comptines, ses menteries de petite fille, ses dents qui branlent, ses fautes d’orthographe, ses lacets attachés toute seule, puis ses vertiges amoureux, ses ongles vernis, puis rongés, ses premiers rhum and coke ?
Où t’es-tu cachée pour ne pas y penser ?
Là, il y a elle, il y a toi, et entre vous deux : moi.
Tu ne peux plus lui faire mal parce que je suis là. »

3- La fiancée américaine

d’Éric Dupont (Marchand de feuilles, 2012)

La fiancée américaine
EXTRAIT
« Quelques années avant d’être forcée par sa mère à monter dans un autobus pour New York en plein blizzard de décembre, Madeleine Lamontagne avait été une petite fille qui aimait par-dessus tout les lapins de Pâques, les sapins de Noël et les histoires de Louis Lamontagne, son papa. Rien qui ne sortît de l’ordinaire. Tout le monde aimait entendre les histoires du Cheval Lamontagne.
Avant la télévision, ses histoires étaient ce qu’il y avait de mieux pour passer le temps à Rivière-du-Loup. C’est la télé qui a tué le Cheval, pas le moteur à explosion. C’est ce que les buveurs de Rivière-du-Loup vous confirmeront. Ils vous diront aussi, et il faut les croire, que les histoires des hommes, d’où qu’ils soient, ne trouvent jamais oreille plus attentive que celle de leur fille, surtout si cette dernière est l’aînée et occupe de fait une place privilégiée dans le cœur de son père. De sorte que jamais le Cheval Lamontagne – ou Papa Louis, comme aimaient l’appeler les enfants de Rivière-du-Loup – n’eut public plus attentif à ses paroles que sa petite Madeleine, assise sur le sofa du salon funéraire de son père, sur la rue Saint-François-Xavier, paroisse du même nom, à Rivière-du-Loup, province de Québec. »

4- Pauvres petits chagrins

de Miriam Toews (Boréal, 2015)
traduit de l’anglais par Paul Gagné et Lori Saint-Martin

PAUVRES PETITS CHAGRINS
RÉSUMÉ
Elf et Yoli. Deux sœurs, deux amies. Elfrieda, pianiste de renommée mondiale mariée à un époux formidable, veut mettre fin à ses jours.
Yolandi, divorcée, sans le sou, multipliant les aventures sans lendemain, fait tout son possible pour maintenir sa grande sœur en vie tout en tentant de gérer le chaos de sa propre existence.
Dans ce roman à la fois tendre et touchant, Miriam Toews propose une réflexion bouleversante sur l’amour et sur ses limites.

 

5- Querelle de Roberval

de Kevin Lambert (Héliotrope, 2018)

QUERELLES
DE ROBERVAL
RÉSUMÉ
Les ouvriers et ouvrières de la scierie de Roberval sont en grève. Sous l’apparente cohésion de la lutte, on découvre rapidement les revendications plus personnelles de chacun. Ils partagent toutefois un même désir d’échapper à la misère et de se venger de leur boss, Brian Ferland.
Alors que le conflit s’enlise, le lockout que décrète Ferland réveille en eux une rage enfouie. La folie s’empare des employés, qui rejoignent la ronde infernale du beau Querelle, héros de Jean Genet copié-collé dans ce décor québécois, élément de chaos, sable dans l’engrenage de la machine économique, hétérosexuelle et patriarcale.
Tout est désormais permis. Ils cassent des bouteilles sur la plage, règlent leurs comptes à coups de batte de baseball.
Et puis ils font pire, bien pire…

 

6- Washington Black

d’Esi Edugyan (Liana Levi, 2019)
traduit de l’anglais par Michelle Herpe-Voslinsky

Washington Black

La Barbade, 1830. Washington Black, dit Wash, est un esclave de 11 ans dans une plantation.
Titch, le frère du maître, le choisit pour l’assister dans le lancement d’un ballon dirigeable.
Un jour, accusé à tort d’un crime, Wash est sauvé par Titch. Les deux hommes s’envolent pour les Etats-Unis et l’Arctique où une nouvelle vie les attend.

 

7- L’orangeraie

de Larry Tremblay (Alto, 2013)

L’ORANGERAIE
– Prix des libraires du Québec
– Prix littéraire des collégiens
– Prix littéraire des enseignants AQPF-ANEL
– Prix du Club des Irrésistibles (Bibliothèques de Montréal)
– Prix AIEQ-Suède-Espagne 2015
– Prix littéraire du salon du livre du Saguenay Lac St-Jean (catégorie roman)
– Prix des lecteurs du Saguenay Lac St-Jean
Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents.La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins.Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé.Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.

 

8- Dans le grand cercle du monde

de Joseph Boyden (Albin Michel, 2014)
traduit de l’anglais par Michel Lederer

Dans le grand
cercle du monde
RÉSUMÉ
Situé dans les espaces sauvages du Canada du 17e siècle, ce roman épique est tissé par trois voix : celle d’un jeune jésuite français, celle d’un chef de guerre huron et celle d’une captive iroquoise.
Trois personnages réunis par les circonstances, divisés par leur appartenance. Car chacun mène sa propre guerre : l’un pour convertir les Indiens au christianisme, les autres, bien qu’ennemis, pour s’allier ou chasser ces « corbeaux » venus prêcher sur leur terre. Trois destins scellés à jamais dans un monde sur le point de basculer.
Mêlant lyrisme et poésie, convoquant la singularité de chaque voix – habitée par la foi absolue ou la puissance prophétique du rêve –, Boyden restitue avec puissance la folie et l’absurdité de tout conflit, donnant à son livre une dimension d’une incroyable modernité, où « le passé et le futur sont le présent ».
Lauréat du Prix littérature-monde étranger et du Prix France-Canada.

 

9- Prague

de Maude Veilleux (Hamac, 2016)

PRAGUE
RÉSUMÉ:
Le livre avait beau parler du couple ouvert au début, ce n’était plus tout à fait le sujet. Le sujet, c’était je-ne-sais-plus-trop-quoi. Le sujet, c’était mon angoisse à ne plus aimer quelqu’un qui m’avait sauvé, qui avait tout pour me plaire, qui m’aimait, que j’aimais. Ne plus aimer quelqu’un que j’aimais et aimer un autre, un imparfait, un inconnu. Ne plus aimer l’homme que je voulais aimer pour toujours. J’hésite à l’écrire : ne plus aimer l’homme que j’avais voulu aimer pour toujours.

 

10- Un livre sur Mélanie Cabay

de François Blais (L’instant même, 2018)

UN LIVRE SUR
MÉLANIE CABAY
RÉSUMÉ
À l’été 1994, Foglia couvrait la Coupe du monde de Soccer, qui se déroulait pour la première fois dans un pays où tout le monde se crisse du soccer.
Moi aussi je me crissais du soccer, ce qui ne m’empêchait pas de lire tous les comptes rendus de Foglia. Ma mère était abonnée à La Presse, mais je ne me souviens pas l’avoir vue lire le journal. Elle faisait les mots croisés en déjeunant.
En ce qui me concerne, j’épluchais le cahier des sports minutieusement, je connaissais la moyenne au bâton de chacun des frappeurs des Expos, et la moyenne de points mérités de chacun des lanceurs.
Pour le reste, je me contentais de survoler les manchettes.
Je ne lisais en entier que les articles qui parlaient de Mélanie Cabay. À l’été 1994, je me demandais souvent qui avait tué Mélanie Cabay.

 

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1- Personne n’a peur des gens qui sourient

de Véronique Ovaldé
RÉSUMÉ

Personne n’a peur
des gens qui sourient
270 p.
Gloria a choisi ce jour de juin pour partir. Elle file récupérer ses filles à l’école et les embarque sans préavis pour un long voyage.
Toutes trois quittent les rives de la Méditerranée en direction du Nord, la maison alsacienne dans la forêt de Kayserheim où Gloria, enfant, passait ses vacances. Pourquoi cette désertion soudaine?
Quelle menace fuit-elle ? Pour le savoir, il faudra revenir en arrière, dans les eaux troubles du passé, rencontrer Giovannangeli, qui l’a prise sous son aile à la disparition de son père, lever le voile sur la mort de Samuel, le père de ses enfants – où était Gloria ce soir-là ? –, et comprendre enfin quel rôle l’avocat Santini a pu jouer dans toute cette histoire.
Jusqu’où peut-on protéger ses enfants ?
Dans ce roman tendu à l’extrême, Véronique Ovaldé met en scène un fascinant personnage de mère dont l’inquiétude face au monde se mue en un implacable sang-froid pour l’affronter.
Hors collection – Littérature française
Paru le 06/02/2019

 

2- Les gratitudes

de Delphine de Vigan

Les gratitudes
Littérature française, 192 p.
« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.
Et la peur de mourir.
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.

 

3- Les choses humaines

de Karine Tuil

Les choses humaines
Jean Farel, célèbre journaliste, forme avec Claire, femme de lettres, un couple de pouvoir.
Mais leur parfaite réussite n’est qu’une mystification puisque chacun mène une double vie.
Au lendemain d’une soirée, Mila, la fille de l’amant de Claire, accuse Alexandre, leur fils, un brillant et séduisant jeune homme, de l’avoir violée.
La machine médiatico-judiciaire se met en marche.

 

4- Miss Islande

de Audur Ava Olafsdottir

Miss Islande
Miss Islande est un roman de l’écrivaine islandaise
Auður Ava Ólafsdóttir, paru originellement en 2018 aux éditions Benedikt et en français le 5 septembre 2019 aux éditions Zulma.

Il reçoit le prix Médicis étranger le 8 novembre 2019.

RÉSUMÉ:
En Islande, en 1963, Hekla, 21 ans, quitte la ferme familiale pour Reykjavik afin d’accomplir son rêve de devenir écrivain. A la capitale, on lui conseille de tenter sa chance au concours de Miss Islande.
Un roman sur la liberté, la création et l’accomplissement.

 

5- Rapsodie des oubliés

de Sofia Aouine

Rapsodie des oubliés
Abad, 13 ans, fils d’immigrant, raconte sa vie et celle de son quartier « pourri » de Paris.
Pour l’aider à survivre dans ce milieu hostile, des femmes :
Batman, son premier amour, jeune fille voilée et emprisonnée;
Gervaise, la tendre prostituée;
Odette, la voisine qui l’initie à la culture;
et Ethel, sa thérapeute à qui il finira par s’ouvrir.

Ce premier roman de Sofia Aouine est tout simplement époustouflant. Il est traversé par une langue à la fois argotique et littéraire.
L’intérêt du lecteur ne faiblit jamais en raison du souffle du roman et des images, belles et étonnantes.
Tout s’y enchaîne harmonieusement.

 

| L’Intemporel – 2020 – |