Albert Camus

(1913-1960)

écrivain français, philosophe, romancier, dramaturge, journaliste, essayiste et nouvelliste français.
Il est aussi journaliste militant engagé dans la Résistance française.
Albert Camus, homme du soleil, fou de méditerranée

« Quand le monde est dans la lumière,
quand le soleil tape,
j’ai envie d’aimer et d’embrasser,
de me couler dans des corps comme dans des lumières,
de prendre un bain de chair et de soleil.
Quand le monde est gris, je suis mélancolique et plein de tendresse.
Je me sens meilleur, capable d’aimer au point de me marier.
Dans un cas comme dans l’autre, ça n’a pas d’importance. »

Albert Camus

Albert Camus
1913-1960
Son œuvre comprend des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, des films, des poèmes et des essais dans lesquels il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l’absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l’absurde, révolte qui conduit à l’action et donne un sens au monde et à l’existence, et « alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir ».
Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957 « pour l’ensemble d’une œuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ».

La correspondance d’Albert Camus et Maria Casarès
Le 6 juin 1944, c’est la rencontre de Camus avec son grand amour, Maria Casarès.
La jeune actrice de 21 ans à la carrière prometteuse et l’écrivain déjà célèbre de 30 ans débutent une relation passionnelle et (plus ou moins) secrète qui durera jusqu’à la mort prématurée de Camus.
En effet, Albert Camus était marié (et le restera) à Francine Faure, institutrice à Oran et mère des jumeaux Catherine et Jean Camus.
Maria quant à elle sera la Martha du Malentendu,
la seconde pièce écrite par Albert Camus.
Les deux amants vont vivre leur idylle à distance, profitant de moments d’euphorie lors de leurs rendez-vous, et de grande peine lorsque la séparation se fait trop dure.
Ces sentiments sont révélés des deux côtés par leur abondante correspondance, près de 865 lettres échangées, et offrent l’image d’un homme à fleur de peau loin de l’écrivain réservé. D’ailleurs, la dernière lettre qu’il écrit, intitulée, Dernière lettre( – une prémonition ? ) est destinée à Maria.
Datée du 30 décembre 1959, Albert Camus écrit à son amante de toujours qu’il doit voir à Paris la semaine suivante,

« À bientôt, ma superbe.
Je suis si content à l’idée de te revoir que je ris en t’écrivant (…).
Je t’embrasse, je te serre contre moi jusqu’à mardi, où je recommencerai. »

Cependant, Albert Camus n’arrivera jamais à Paris.
Le 4 janvier 1960, Il meurt brutalement dans un accident de voiture à Villeblevin avec Michel Gallimard, le neveu de l’éditeur Gaston Gallimard.

Publications les plus importantes
  • L’Étranger en 1942
  • Le Mythe de Sisyphe en 1942
  • Caligua, pièce écrite en 1939, publiée en 1944 et jouée pour
  • La Peste en 1947
  • L’homme révolté en 1951
  • L’été en 1954
  • La Chute en 1956
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    Le premier homme
    Résumé
    Alger. Une charrette cahotée dans la nuit transporte une femme sur le point d’accoucher. Plus tard, naît le petit Jacques, celui-là même que l’on retrouve dès le second chapitre, à 40 ans. Devant la tombe de son père, visitée pour la première fois, il prend soudain conscience de l’existence de cet inconnu. Dans le bateau qui l’emporte vers sa mère à Alger, commence la brutale remontée dans cette enfance dont il n’a jamais guéri. Les souvenirs de l’école, de la rue et de la famille jaillissent, faits de soleil et d’ombre. Mais à l’ombre et à la misère, il découvre qu’il a répondu, toujours, par une « ardeur affamée », une « folie de vivre » indéfectibles malgré ce père qui lui a manqué.
    Le Premier homme est le roman auquel travaillait Camus au moment de mourir. Les nombreuses notes en bas de page, hésitations ou rajouts de l’écrivain retrouvés dans son manuscrit sont un émouvant témoignage de l’œuvre en cours. Une œuvre ambitieuse, aux accents autobiographiques évidents, dans laquelle Camus a cherché à dire ses « raisons de vivre, de vieillir et de mourir sans révolte ».- Laure Anciel
     
    L’Étranger
    Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français …
    L’étranger est le premier roman d’Albert Camus (1913-1960), prix Nobel de littérature,
    auteur de La peste et de Caligula.

     
     

    La mort heureuse
    La Mort heureuse est une œuvre de Camus. Celle-ci a été entamée en 1936, mais sans en avoir fini. Il l’a laissé de côté pour consacrer son temps à un autre roman L’Étranger.
    Ce n’est qu’en 1971, onze ans après sa mort que l’ouvrage a été publié et édité. Le livre reflète beaucoup sa vie, en quelque sorte une autobiographie, son parcours de jeunesse, ses différents souvenirs mais surtout l’amour, le bonheur et la mort dans toute sa splendeur.
    Patrice Mersault, qu’il a désigné en troisième personne, joue le rôle principal de l’histoire. C’est son héros qui lui est identique par ses apparences. En fait, le roman est riche en souvenirs autobiographiques, comme les quartiers de Belcourt où Camus a passé sa jeunesse, ou encore la bataille de la Marne, qui a emporté son père, et la tuberculose qui marqua toute son existence.

    EXTRAITS de La Mort heureuse 1971

    « Crois-moi, il n’y a pas de grande douleur, pas de grands repentirs, de grands souvenirs.
    Tout s’oublie même les grandes amours.
    C’est ce qu’il y a de triste et d’exaltant à la fois dans la vie.
    Il y a seulement une certaine façon de voir les choses et elle surgit de temps en temps.
    C’est pour ça qu’il est bon quand même d’avoir eu un grand amour, une passion malheureuse dans sa vie.
    Ça fait du moins un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés. »

    « Il lui fallait maintenant s’enfoncer dans la mer chaude,
    se perdre pour se retrouver,
    nager dans la lune et la tiédeur
    pour que se taise ce qui en lui restait du passé
    et que naisse le chant profond de son bonheur. »

    « Tout ce qui m’arriverait par surcroît,
    eh bien, c’est comme la pluie sur un caillou.
    Ça le rafraîchit et c’est déjà très beau.
    Un autre jour, il sera brûlant de soleil.
    Il m’a toujours semblé que c’est exactement ça, le bonheur. »

    « Mais à notre âge, on n’aime pas voyons.
    On se plaît, c’est tout.
    C’est plus tard, quand on est vieux et impuissant qu’on peut aimer.
    À notre âge, on croit qu’on aime.
    C’est tout, quoi. »

    « Ce qui le frappait dans l’amour
    c’était pour la première fois du moins, l’intimité effroyable
    que la femme acceptait
    et le fait de recevoir en son ventre le ventre d’un inconnu.
    Dans cette sorte de laisse-aller, d’abandon et de vertige,
    il reconnaissait le pouvoir exaltant et sordide de l’amour. »

    « Quand je regarde ma vie et sa couleur secrète,
    j’ai en moi comme un tremblement de larmes.
    Comme ce ciel.
    Il est à la fois pluie et soleil, midi et minuit. »

    « À chaque fois qu’il levait un bras,
    il lançait sur la mer immense des gouttes d’argent en volées, figurant, devant le ciel muet et vivant, les semailles splendides d’une moisson de bonheur. »

    Correspondance
    1944-1959
    Albert Camus et Maria Casarès se croisent chez Michel Leiris.
    L’ancienne élève du Conservatoire, originaire de La Corogne et fille d’un républicain espagnol en exil, n’a que vingt et un ans. Elle a débuté sa carrière en 1942 au Théâtre des Mathurins, au moment où Albert Camus publiait L’Étranger chez Gallimard. L’écrivain vit alors seul à Paris, la guerre l’ayant tenu éloigné de son épouse Francine, enseignante à Oran.
    Sensible au talent de l’actrice, Albert Camus lui confie le rôle de Martha pour la création du Malentendu en juin 1944. Et durant la nuit du Débarquement, Albert Camus et Maria Casarès deviennent amants. Ce n’est encore que le prélude d’une grande histoire amoureuse, qui ne prendra son vrai départ qu’en 1948.
    Jusqu’à la mort accidentelle de l’écrivain en janvier 1960, Albert et Maria n’ont jamais cessé de s’écrire, notamment lors des longues semaines de séparation dues à leur engagement artistique et intellectuel, aux séjours au grand air ou aux obligations familiales. Sur fond de vie publique et d’activité créatrice (les livres et les conférences, pour l’écrivain ; la Comédie-Française, les tournées et le TNP pour l’actrice), leur correspondance croisée révèle quelle fut l’intensité de leur relation intime, s’éprouvant dans le manque et l’absence autant que dans le consentement mutuel, la brûlure du désir, la jouissance des jours partagés, les travaux en commun et la quête du véritable amour, de sa parfaite formulation et de son accomplissement.Nous savions que l’oeuvre d’Albert Camus était traversée par la pensée et l’expérience de l’amour.
    La publication de cette immense correspondance révèle une pierre angulaire à cette constante préoccupation.
    « Quand on a aimé quelqu’un, on l’aime toujours », confiait Maria Casarès bien après la mort d’Albert Camus ;
    « lorsqu’une fois, on n’a plus été seule, on ne l’est plus jamais ».

    Ce qui lie Albert Camus et Maria Casarès, c’est l’exil, c’est le théâtre et l’Espagne.
    Ensemble, ils vont vivre une très grande histoire d’amour.
    À la fin de sa vie, Maria Casarès ne cessera de parler de Camus, comme s’il était près d’elle et qu’elle se nimbait de sa présence.
    Ils sont tous les deux de grands Don Juan. Ils vivent sur l’instant, pour des raisons liées à l’urgence de vivre.
    ⎯ Florence Forsythe