Éloge de la fuite – Henri Laborit

 « Ce n’est pas l’utopie qui est dangereuse,
car elle est indispensable à l’évolution.
C’est le dogmatisme, que certains certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives, leur dominance. »
⏤ Henri Laborit


Éloge de la fuite « Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier :
la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière, avec un minimum de toile.

La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage.
Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés.

Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.

Vous connaissez sans doute un voilier nommé «Désir »

⏤ Henri Laborit, Éloge de la fuite

Henri Laborit
Henri Laborit
Né à Hanoï, Indochine
le 21/11/1914
Mort à Paris
le 18/05/1995
Henri Laborit est un médecin chirurgien et biologiste.

Après avoir obtenu son certificat de sciences physiques, chimiques et naturelles de la Faculté des sciences, il passe à vingt ans le concours d’entrée à l’École principale du service de santé de la Marine, à Bordeaux.

Avec son diplôme de médecin, il exerce d’abord dans la Marine, puis se tourne vers la chirurgie à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. C’est là, en collaboration avec les psychiatres de l’hôpital Sainte-Anne qu’il étudie les phénothiazines. Par la suite, il poursuit ses recherches dans un laboratoire auto-financé de l’hôpital Boucicaut, tout en restant personnellement rémunéré par le Service de santé des armé.

Il introduit en 1951 l’utilisation des neuroleptiques, révolutionnant la psychiatrie, et celle du GHB, un psychotrope dépresseur, en 1960, révolutionnant l’anesthésie. On lui doit l’introduction en thérapeutique de la chlorpromazine, premier « tranquillisant », de l’hibernation artificielle, ainsi que d’autres drogues à action psychotrope.

Il est également éthologue (spécialiste du comportement animal), « eutonologue », selon sa propre définition (spécialiste du comportement humain) et philosophe.
En 1968, il publie son premier ouvrage de vulgarisation, « Biologie et structure ».

Il écrit par la suite une trentaine d’œuvres dédiées à la philosophie scientifique et à la nature humaine.

Il écrit en 1976 « l’éloge de la fuite », sorte de testament intellectuel où il pose, à la lumière des découvertes biologiques, la question de notre libre arbitre, de notre personnalité même. Les réponses qu’Henri Laborit donne à ces interrogations sont celles d’un homme de science qui n’est pas resté enfermé dans une discipline. Ses travaux sur le conditionnement sont à la base du film « Mon oncle d’Amérique » d’Alain Resnais en 1980.

En 1989, il accepte la présidence de l’Institut de Psychosomatique de Turin. La même année et jusqu’en 1992, il occupe une chaire de professeur à l’Université Européenne de Lugano en Suisse Italienne.

Il est le père de l’actrice Maria Laborit (1939) et le grand-père de l’actrice Emmanuelle Laborit (1972).