Carl Gustav Jung

Médecin psychiatre, (1875 – 1961)
 
« L’inconscient d’une personne est projeté sur une autre, de sorte que la première accuse la seconde de ce qu’elle réalise en elle. Ce principe est d’une telle universalité que nous serions bien avisés, avant de critiquer autrui, de nous asseoir et de réfléchir à savoir si ce n’est pas à nous qu’il conviendrait de jeter la première pierre. »


« …Mon chemin n’est pas votre chemin. Je ne peux donc pas vous instruire.
Le chemin est en nous, mais pas dans les dieux, ni dans les doctrines, ni dans les lois.
C’est en nous qu’est le chemin, la vérité et la vie.
Malheur à ceux qui vivent selon des modèles !
La vie n’est pas avec eux. Si vous vivez selon un modèle, vous vivez la vie d’un modèle, mais qui vivra votre vie sinon vous-mêmes.
Donc vivez-vous vous-mêmes… Que chacun suive son propre chemin… »
Extrait tiré du chapitre « La voie de l’à-venir » p.231 (Le Livre Rouge)


LE RÊVE
« le rêve c’est la personne
qui dialogue avec elle-même.
Plus exactement, c’est une partie d’elle,
inconsciente et refoulée,
qui essaie de parvenir à cette autre partie
qu’est la conscience.
Pour être en harmonie avec tout notre être.
Il est donc essentiel d’« ouvrir la fenêtre »
pour laisser entrer le souffle de notre liberté intérieure.

Le rêve est la petite porte cachée dans le sanctuaire
plus profond et plus intime de l’âme,
qui s’ouvre à la nuit cosmique primordiale
qu’était l’âme bien avant il soit un esprit conscient ».


« Ce qui conduit à la véritable libération,
ce n’est pas d’ignorer
ou de refouler les états affectifs pénibles,
mais d’accepter de les subir pleinement. »


« La clarté ne naît pas de ce qu’on imagine le clair,
mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur. »


« Nous nous rencontrons maintes et maintes fois
sous mille déguisements sur les chemins de la vie. »


« Il est assez stérile d’étiqueter les gens
et de les caser dans des catégories. »


« Seuls les psychologues inventent des mots
pour les choses qui n’existent pas ! »


« Tout ce qui nous irrite chez l’autre
peut nous aider à mieux nous comprendre. »


« En chacun de nous existe un autre être
que nous ne connaissons pas.
Il nous parle à travers le rêve
et nous fait savoir qu’il nous voit bien différent
de ce que nous croyons être. »


« Un homme qui n’a pas traversé l’enfer de ses passions ne les a pas non plus surmontées. Elles habitent alors dans la maison voisine et, sans qu’il y prenne garde, une flamme en peut sortir qui atteindra aussi sa propre maison.
Si nous abandonnons, laissons de côté et, en quelque sorte, oublions à l’excès, nous courons le danger de voir reparaître avec une violence redoublée tout ce qui a été laissé de côté ou abandonné. »

« La nature me semblait pleine de merveilles dans lesquelles je voulais me plonger. Chaque pierre, chaque plante, tout me semblait indescriptible. A cette époque, je me suis plongé dans la nature, je me suis glissé dans son essence, loin de tout monde humain. »

Ma vie


« …Mon chemin n’est pas votre chemin.
Je ne peux donc pas vous instruire.
Le chemin est en nous, mais pas dans les dieux, ni dans les doctrines, ni dans les lois.
C’est en nous qu’est le chemin, la vérité et la vie.
Malheur à ceux qui vivent selon des modèles ! La vie n’est pas avec eux.
Si vous vivez selon un modèle, vous vivez la vie d’un modèle, mais qui vivra votre vie sinon vous-mêmes.
Donc vivez-vous vous-mêmes…
Que chacun suive son propre chemin… »
Le Livre Rouge


« Plus la conscience se trouve influencée par des préjugés,
des erreurs, des fantasmes, et des désirs puérils,
plus s’élargit le fossé déjà existant jusqu’à la dissociation névrotique, amenant une vie plus ou moins artificielle, très éloignée des instincts normaux, de la nature et de la vérité. »
L’homme et ses symboles


« Il apparaît, en effet, avec une clarté toujours plus aveuglante, que ce ne sont ni la famine, ni les tremblements de terre, ni les microbes, ni le cancer, mais que c’est bel et bien l’homme qui constitue pour l’homme le plus grand des dangers.
La cause en est simple : il n’existe encore aucune protection efficace contre les épidémies psychiques ; or, ces épidémies là sont infiniment plus dévastatrices que les pires catastrophes de la nature ! »
L’Homme à la découverte de son âme


Inflation psychique ou augmentation de l’ego
« Cette notion d’inflation me semble heureuse et justifiée dans la mesure où l’état qu’il s’agit de caractériser comporte précisément une extension de la personnalité qui dépasse ses limites individuelles : telle la grenouille qui se gouda. Dans cet état, le sujet occupe un volume auquel il ne saurait normalement prétendre. Pour ce faire, il est bien obligé de s’approprier des qualités et des contenus qui, en réalité„ sont situés à l’extérieur de ses propres frontières. Or, ce qui se situe hors de moi appartient à un autre être ou à plusieurs ou n’est à personne.

L’inflation psychique n’est nullement une manifestation que crée seulement l’analyse; comme elle se produit également très souvent dans la vie banale de tous les jours, nous pouvons aussi l’étudier en d’autres occasions : un cas très courant est constitué par l’identification dépourvue de toute note d’humour de nombreux hommes avec leur profession et leur titre. Bien entendu, le poste que j’occupe est mien dans la mesure où s’y insère l’essentiel de mon activité; mais ce poste, cette fonction, cette profession est aussi en même temps l’expression collective de facteurs nombreux, expression qui est née historiquement de la collaboration d’un grand nombre et d’une concordance de circonstances. Sa dignité est le fruit d’une approbation collective. Dès lors, en m’identifiant à mon emploi ou à mon titre, je me comporte comme si j’étais moi-même toute cette fonction sociale complexe, ce fonctionnement structuré qu’on appelle un « poste », comme si j’étais non seulement le titulaire du poste, mais aussi et en même temps la nécessité sociale et l’approbation collective de la société sur lesquelles il se fonde, qui le sous-tendent et l’arc-boutent.

Ce faisant, je me suis attribué une extension et j’ai usurpé des qualités qui en aucune façon ne sont en moi, mais qui existent hors de moi et qui devraient y rester. « L’État c’est moi » telle pourrait être la devise des sujets qui succombent à ce travers. La connaissance elle aussi peut déterminer une inflation psychique; il s’agit alors, sur la base d’un principe qui est le même au fond, de circonstances psychologiques encore plus subtiles. Ce n’est pas alors la dignité d’une charge, mais des fantasmes lourds de signification qui déterminent cette inflation. »
La Dialectique du moi et de l’Inconscient, Folio, p. 43-44.