Josette Hersent

Un éclairage en clair-obscur, un ricochet de silence sur les choses et les êtres, tantôt sur un crépuscule flamboyant, tantôt sur une aube encore fragile. Un arrêt sur un banc…

Entre réalité et rêve, entre souvenir et oubli, mais toujours aux confins du mystère et du révélé, Dans la main du silence nous invite au voyage intérieur. Ce qui ne peut se dire avec les mots de tous les jours se couvre d’images. Si écrire retire un peu de silence au silence, c’est moins violent avec le poème, ça laisse à l’esprit la liberté d’un vagabondage. C’est aussi cela la poésie, un cœur invisible qui dans les mots palpite, pour que la vie respire même dans ses silences.

« Je prends l’air en lisant, mais c’est en écrivant que je respire. »

Laissons le silence
quand il n’y a pas de mots
remplir tout l’espace

Dans la main du silence
Josette Hersent
Josette Hersent a publié deux recueils de poésies aux éditions du Chameau Blaise ou la symphonie inachevée en 2009 et Deux dates sur une pierre en 2013.
Elle a également publié le recueil de poésie Intemporel qui reçu le Prix Pierre Corneille 2017.
Elle poursuit son travail d’écriture en explorant de nouvelles veines poétiques où la mer, mais aussi les couleurs, et pas que le noir, entrent en résonnance avec les grandes questions métaphysique de l’existence humaine.

http://editionsduchameau.free.fr/souscriptions.html#silence

Quelques extraits du recueil :

La nuit se durcit
C’est l’heure où les rêves bleus
Remuent les silences

L’estran est déserté
De ses amours de sable
Figé dans l’ineffable
L’esprit est vagabond
Il erre hors la saison
Les voyez-vous passer
Ces âmes du passé
Ces frêles libellules
Bleuies au crépuscule
L’espace d’un instant
Un arrêt près du banc
Avant que l’océan
Et le ciel ne se fondent
Au seuil d’un nouveau monde
Le cœur est à l’étale
Tangente d’horizon
Sur la nuit qui s’étale
L’été a ses passions
L’automne ses raisons
Sont les amours d’été
Et l’estran déserté.

Loin des terres et des mers
Qui bordent toute vie
L’esprit en bandoulière
Traverser l’éphémère
Caresser l’infini

Naviguer dans le rien
Se vider du trop plein
De l’au-delà des mots
Et de ces oripeaux
Qui encombrent les âmes

Aux contours de l’immense
Suivre des yeux l’étoile
Écouter le silence
Dans le froissé des voiles
Où se déplie le temps.

Laissez la nuit noire au poète
Il n’est pas de meilleur écrin
Le noir retient tous les parfums
L’illimité aux lèvres muettes

Combien de ciels à la fenêtre
Ont défilé devant ses yeux
Dans une soif à mieux connaître
Où s’enfante le merveilleux

Le ciel est une mer étrange
Fait de récifs à têtes d’anges
Ici flottent aux soirs des lointains
Des ombres au fabuleux destin.

Josette Hersent