Karim Akouche

poète, romancier, dramaturge et chroniqueur kabile

« Il faut réenchanter le monde. »

⎯ Karim Akouche

 

«  Si tu veux dominer un peuple, fais-lui oublier ses racines, déguise-le en pantin, fais-le tourner, amuse-le, parle-lui ensuite de châtiments et de mort.
Si tu veux l’assimiler, dis-lui que sa langue est un idiome, sa culture du folklore, sa patrie le monde.
Si tu veux le faire disparaître, et si tu ne peux pas l’exterminer physiquement, colonise sa mémoire et emplis son histoire de héros imaginaires… »

⎯ Karim Akouche

Karim Akouche

né le 21 novembre 1978
à Bou Mahni dans la commune d’Aïn Zaoui
dans la Wilaya de Tizi Ouzou, en Algérie,
Il vit au Québec depuis 2008.

 

 

 
 
 

Lettre à un soldat d’Allah
« L’islam, l’islamisme et leurs avatars,
la laïcité et ses ennemis,
la gauche et ses errances,
l’Algérie et ses démons,
la crise de la citoyenneté,
l’ultra-consumérisme
et le règne du spectacle,
les conséquences des « printemps arabes » …
autant de thèmes abordés dans les textes de combat
et de réflexion rassemblés dans ce livre. »

Leurs titres annoncent la couleur :
« Déchire ton niqab »,
« Les faux humanistes et les idiots utiles de l’islamisme »,
« Portrait de l’islamiste en fossoyeur du monde »,
« Percheurs de haine, je vous emmerde »,
« L’Algérie arabe est une imposture »…
Point d’orgue de ce recueil, une « Lettre à un soldat d’Allah » adressée à un jeune homme conquis par l’idéologie djihadiste, que l’auteur questionne d’un « tu » assassin.
 

Toute femme est une étoile qui pleure
Le lecteur y découvrira des destins croisés de femmes
qui se battent de par le monde
contre l’intégrisme religieux,
les oppressantes traditions,
le patriarcat,
l’excision,
la marchandisation du corps féminin…

« Toute femme est une étoile qui pleure »
est un cri de colère, un hymne à l’harmonie,
un plaidoyer pour un monde juste.
 

 
 

« Karim Akouche sait dire ce qu’il a à dire,
sans peur et sans fioritures.
Très rares, dans sa génération, sont ceux qui s’engagent intellectuellement, moralement et politiquement dans le combat contre l’intolérance, le fanatisme, le nationalisme et autres folies qui font le malheur des peuples. »
⏤ Boualem Sansal

 
Dans le Journal de Montréal, il déclare :

« L’islamiste gagne chaque jour des batailles contre l’Occident.
Il a réussi à restreindre la liberté de pensée,
à séparer les femmes des hommes dans les piscines,
à halaliser les menus scolaires,
à fragiliser la laïcité,
à ouvrir des mosquées dans les universités,
à gagner des procès contre des États,
à verrouiller plusieurs institutions internationales…

Le pire, c’est d’être traité d’islamophobe par des Québécois.
Suffit­­ le sanglot de l’homme blanc.
Je m’oppose aux accommodements raisonnables­­
parce que personne ne devrait imposer sa foi.

L’islamisme est proche du consumérisme.
L’islamisme veut tuer le citoyen pour en faire un croyant.
Le consumérisme veut tuer le citoyen pour en faire un consommateur.

Il faut réenchanter le monde. »
⏤ Karim Akouche

 

« Le révolutionnaire somnambule

Alger. Après la prière du vendredi. Vite, chausse tes sandales, sors, frère. Marche, marche, marche. Ris, danse, chante. Offre des fleurs, des bonbons, des dattes et des beignets. Faut montrer au monde entier que tu es pacifique, généreux, doux, civilisé. Faut travailler l’image, la maquiller avant de la poster sur les réseaux sociaux. Faut cacher les ordures, les guenilles, les défauts, les failles, les divisions. Faut surtout pas dire les vraies choses, nommer le mal, montrer les nœuds et les plaies. Tourne en rond, ou autour du pot, comme un agneau ou un veau, danse et souris.

Ménage les militaires et les islamistes, les deux têtes du monstre qui étouffe ton pays. Marche, en kamis, en casquette, en voile, en drapeau palestinien, avec ce que tu veux, mais jamais avec le drapeau berbère.

Tu as révolutionné la révolution, frère. Toi, tu n’es pas dur comme Robespierre. Tu ne coupes pas la tête du tyran. Tu le caresses dans le sens de la barbe et du képi. Bravo.

Ta nouvelle famille révolutionnaire est plus au moins soudée, ou plus au moins divisée, mais qu’importe, tout est confus, une sorte d’Arche de Noé, ou de Tour de Babel, une comédie bien algérienne chaude et épicée, et tant mieux, ou tant pis, tout est confus, faut s’en foutre, un peu, beaucoup, continue de marcher, comme un somnambule, épuise jambes et semelles, offre des fleurs, suce des bonbons, danse, chante la liberté. »