La solitude

Oeuvre de Gao Xingjan

selon Christian Bobin

 
« Vivre dans la solitude est un luxe. Vivre dans le silence est un luxe. »
( In La grâce de solitude de Marie de Solemne, p.22, Éd. Dervy )

« Dans la solitude on rejoint Quelqu’un d’autre que soi. »
( In La grâce de solitude de Marie de Solemne, p.43, Éd. Dervy )

« La solitude est une maladie dont on ne guérit qu’à condition de la laisser prendre ses aises et de ne surtout pas en chercher le remède nulle part. J’ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d’être seuls et demandent au couple, au travail, à l’amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l’amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d’être seuls fait d’eux les personnes les plus seules au monde. »

« Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l’aurore, vous avanciez comme le feu. Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue, et vos rires inondaient toutes mes terres. Quand je rentrais en moi, je n’y retrouvais rien : là où tout était sombre, un grand soleil tournait. Là où tout était mort, une petite source dansait. Une femme si menue, qui prenait tant de place : je n’en revenais pas. »
( Une petite robe de fête )

selon Albert Camus

 
« Si la solitude existe, ce que j’ignore, on aurait bien le droit, à l’occasion, d’en rêver comme d’un paradis. »
( L’envers et l’endroit (Préface), p.25 )

« Il y a une solitude dans la pauvreté, mais une solitude qui rend son prix à chaque chose. »
( L’envers et l’endroit, p.59 )

« … j’ai cru éprouver aussi ce sentiment de solitude et d’abandon. Mais une des rares choses que je sache aujourd’hui c’est que nous ne sommes pas seuls.
Il y a la parole et l’écriture, l’amour, la haine ou la violence, aucun de nous n’est désert ni silence absolu. (…)
Quant à ce sentiment de solitude qu’on éprouve authentiquement, il vient peut-être de ce qu’on délaisse les hommes et qu’on s’adresse à ce qui ne peut pas répondre, c’est-à-dire à soi-même ou à quelque puissance inconnue.
On est toujours seul quand on déserte l’homme parce qu’il n’y a que l’homme qui puisse être le compagnon de l’homme.
Et on déserte l’homme quand on s’égare dans les silences éternels. »